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Mésopotamie  (Aristocrate Recordings)  septembre 2018

"Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues."
" Mon rêve familier", Paul Verlaine.

Parfois, écouter un disque vous donne l’impression d’être comme en lévitation, de ne plus toucher le sol. On ferme les yeux et on voyage le cœur frémissant. L’intensité vous donne des palpitations. Et quand à cette intensité se mêle une fragilité alors on touche à quelque chose de précieux.

Josépha Mougenot, la jeune chanteuse qui se cache derrière Fantôme a choisi son pseudonyme à la perfection. Ici on flotte, de bonheur surtout. Il y a quelque chose d’impalpable et de naïf, beaucoup de sensibilité, de raffinement et de tendresse. Une sérénité se dégage de ce disque. Les notes virevoltent comme de fines particules dans l’air et les arpèges donnent une impression d’évanescence. Il y a du Satie, du Debussy. On pensera également à CocoRosie ou Claire Vailler. Une musique avec cette faculté à venir effleurer la sensibilité de chacun, cette grâce, ce don pour transmettre comme un trouble.

Mésopotamie est un disque comme hors du temps, foncièrement poétique, beau et mystérieux : ce chant en français et en anglais, ces parties vocales (avec cette façon de chanter sans vraiment porter la voix) et instrumentales jouées sur une harpe ou piano. Un disque avec sa part d’accidents, cette magie de la prise sur l’instant par Jérôme Suzat alias Cheval Blanc et pensée comme un document sonore, incontestable acte musical.

Enregistrer live est une véritable volonté pour la chanteuse, pour capter ce côté direct. Chez Josépha Mougenot, la musique apparaît : "dans un état de rêverie alors que mon esprit se met à divaguer. Comme un fruit ou une fleur en train de pousser". Elle se sent artisan, comme une tailleuse de pierre partant à la découverte d’une forme dans un bloc de marbre, travaillant les sons et les mots, trouvant son bonheur : "dans l’ascétisme de l’atelier, avec régularité, tôt le matin, un thé, le calme du monde, prendre soin de ses gammes, de ses instruments".

Et puis il y a ces jeux de timbres de cordes vocales, d’une harpe ou d’un piano. "Pour Mésopotamie, tout est venue d’une promenade, d’une sorte de songe. J’avais écouté plusieurs heures durant le solo de Sclavis dans "Annobon" dans Carnet de routes. Je suis sortie me promener seule au bord de la Seille, j’avais encore les oreilles ensorcelées par "Annobon" et là, devant la rivière, je pensais à ces grandes statues de pierres mésopotamiennes, à Zoroastre, à Ishtar. Là une phrase m’est apparue : "Zoroastre endormi au bord de l’eau" qui sont les paroles d’Euphrate. C’est ainsi que Mésopotamie est née. Avec l’envie de réunir des morceaux issus de ce songe comme un recueil. La peinture, farfouiller des partitions de Satie, les titres de Messiaen, Breton, Issou, Éluard, le surréalisme, Odilon Redon, Pessoa, Lewis Carroll, le cinéma d’Ozu sont des inspirations du quotidien. Et puis parce qu’en tant que citoyenne j’ai beaucoup pensé à cette région du monde et aux conflits actuels. Il me semble important pour la reconstruction de ré-enchanter cette région du monde. Cela passe par l’imaginaire, du moins, je l’espère".

On imagine la jeune femme avec un visage comme une voile d'un blanc si pur et pâle. L’équilibre sur lequel repose ce disque est rien moins que miraculeux. "Je n'ai pas compris et j'en fus impressionné. Je suis toujours impressionné par l'incompréhensible, car cela cache peut-être quelque chose qui nous est favorable. C'est rationnel chez moi." Romain Gary. Presque un rêve. Non, plus qu’un rêve, un disque superbe.

 

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En savoir plus :
Le Bandcamp de Fantôme
Le Soundcloud de Fantôme
Le Facebook de Fantôme


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# 29 mars 2020 : On continue à s'égayer le cerveau

On attaque la troisième semaine de confinement. On ne va pas baisser les bras, et nous vous proposons encore un joli contenu histoire de s'oxygéner le cerveau comme on peut. C'est parti.

Du côté de la musique :
"44" de François Puyalto
"Yene mircha" de Hailu Mergia
"Le silence et l'eau" de Jean-Baptiste Soulard
"Gigaton" de Pearl Jam
"Metal band" de Bernard Minet
"Connection loss" de Caesaria
"The black days session #1" de Daniel Roméo
"Sixième sens" de Faut Qu'ça Guinche
Péroké, Coco Bans, Al Qasar, quelques clips pour lutter contre l'ennui du confinement
"Alterations" de Robin McKelle
"Love of life" de Vincent Courtois, Robin Fincker et Daniel Erdmann
"No return" de We are Birds
et toujours :
"La course" de Bon Voyage Organisation
"Où ça en est ?" de Ceylon
"Blossom" de Coralie Royer
"Brothers of string" de Duplessy & the Violins of the World
"Atomised single" de Gogo penguin
"Onkalo" de Julie Campiche Quartet
"Single carry me home" de Kokoroko
"The pain, the blood and the sword" de Lion's Law
"Five for five" de Michael Fine
"Mon étrangère" de Valentin Vander

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

en diffusion sur le net :
une comédie contemporaine avec la captation de la création originelle de "Art"
du boulevard avec :
le streaming de "Fleur de cactus"
le streaming de "Jo"
un classique revisité avec
la captation
de "Peer Gynt"
une évocation de l'univers de Lewis Caroll avec la captation de "Lewis versus Alice"
dans la rubrique "Au Théâtre ce soir" :
"Peau de vache"
avec Sophie Desmarets
et "La Puce à l'oreille" avec Louis de Funès
une gourmandise pour fan addict avec Fabrice Luchini en vidéo dans "Le point sur Robert"
et des spectales à voir ou a revoir en DVD :
"Le Paradoxe amoureux"
"Dieu habite Dusseldorf"
"ABC D'airs"

Expositions :

en toute tranquilité mais musicales avec sur le Musée de la Sacem :
"L'Opérette" de son Age d'or à la Belle Epoque au regain d'engouement avec sa réactivation par des compagnies contemporaines tels "Azor" et "La Grande duchesse de Gerolstein"
et celle dédiée à son roi "Jacques Offenbach"
au Musée de la Monnaie de Paris :
la visite virtuelle des collections permanentes et la visite de sa dernière exposition en date "Kiki Smith"
et passer les frontières avec la visite virtuelle des collections du Musée Guggenheim de New York

Cinéma :

Ciné-Club at home avec :
"Blue Velvet" de David Lynch
"Casanova" de Federico Fellini
"Les 39 marches" d'Alfred Hitchock
le téléfilm "Paris Best" de Philippe Lioret
et des films récents sortis en DVD :
"Les Eblouis" de Sarah Suco
"Alice et le maire" de Nicolas Pariser
"Noura" de Hinde Boujemaa

Lecture avec :

"Banditi" de Antoine Albertini
"Champ de tir" de Linwood Barclay
"Chasseurs et collectionneurs" de Matt Suddain
"Les cents derniers jours d'Hitler" de Jean Lopez
"Les plumes du pouvoir" de Michaël Moreau
"Nefertari dream" de Xavier-Marie Bonnot
et toujours :
"Confession téméraire" de Anita Pittoni
"L'âne mort" de Chawki Amari
"L'archipel des larmes" de Camilla Grebe
"Riposte" de David Albertyn
"Temps noirs" de Thomas Mullen
"Toute la violence des hommes" de Paul Colize
"Une île sur la Volga" de Iwan Lépingle

Froggeek's Delight :

"Shadow, le cloud computing", retour d'expérience de l'utisation d'un PC dans les nuages
Une sélection de jeux pour moins vous ennuyer pendant le confinement et plus tard
"Call of Cthulhu" sur Switch, PS4, Xbox One et PC
"Call of Duty Modern warfare" sur PS4, XboxOne, PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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