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Fanny Wallendorf  (Editions Finitude)  janvier 2019

Et merde. C’est ce que je me suis dit pendant plusieurs années à l’approche de ce cours consistant à sauter sur un matelas placé derrière un élastique tendu en hauteur. L’exercice d’une stupidité évidente consistait d’abord à "trouver son pied d’appel", que je n’ai jamais trouvé, suscitant les ricanements mal camouflés de mon prof de sport, dont le métier consistait à s’asseoir sur une chaise de bois et donner des ordres grotesques (courir sans être poursuivi, lancer des bâtons dans le gazon, sauter à cloche-pied et j’en passe…) à la masse de collégiens dont je faisais partie.

Je savais bien que cette manière de sauter en hauteur avait en son temps été la géniale trouvaille d’un jeune athlète peu doué pour le saut en hauteur, mais à part la liesse fugace éprouvée à la réception sur le moelleux du matelas (dont il fallait dégager fissa) je n’ai jamais compris l’intérêt de ce sport. Alors que Fanny Wallendorf lui rend presque hommage dans son premier roman L’appel.

Tombée par hasard sur le cliché du visage en gros plan de Dick Fosbury, avant le saut qui le sacrera champion olympique de saut en hauteur à Mexico en 1968, l’auteure succomba à l’intensité du regard du jeune athlète et décida d’y consacrer son premier roman. Non, il ne s’agit pas d’une biographie, d’ailleurs, le sport n’est pas le sujet central à proprement parler de L’appel¸ mais bien d’une véritable aventure humaine faite de rêves et d’obstination. Touchant.

Car oui, c’est bien grâce à ce Dick que j’eus la chance de pouvoir essayer de sauter en hauteur après une course en demi-cercle, suivie d’une impulsion et d’une incompréhensible rotation, puis d’un atterrissage dans le moelleux d’un matelas, sur le dos. Auparavant, le saut était effectué en ciseaux, carrément casse-gueule. Et ridicule.

Fanny Wallendorf baptise son héros Richard, et c’est le lent et courageux déploiement de sa vocation qui fait le fil du roman. De ses échecs, il a sur le bout les orteils ce quelque chose qui ne se laisse pas attraper facilement, cette intuition qu’il peut y arriver, mais pas comme ça. Il court, persuadé que c’est dans la course que se trouve la solution à ses échecs. Il n’est pas capable d’effacer ces fichus 1,62m. Minable.

Et pourtant, il continue de poursuivre cette chimère qui lui dicte d’essayer autre chose. Un énergumène du saut en hauteur a créé le saut ventral, grâce auquel il bat des records. Ce petit détail ouvre la porte de l’inconscient de Richard, forcé de contourner un arbre en rallongeant sa course avant le saut, il effectue une rotation et ressent le feu de la trouvaille : c’est ça, il sent la force de l’impulsion, il retente, encore et encore, et réussit. Dépassement.

L’appel est le récit d’un parcours sportif atypique, d’un artiste qui a du bien souvent faire face aux préjugés et aux idées préconçues, et ce n’est qu’en écoutant son Jiminy Cricket intérieur qu’il se trouva. Son objectif était bien de réaliser sa prouesse, de repousser ses limites, et non de devenir une légende, ce qu’il devint malgré tout. A l’instinct.

De quoi rendre le sport poétique.

 

Nathalie Bachelerie         
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