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Gaëlle Nohant  (Editions Grasset)  janvier 2020

Je continue dans mes lectures de livres achetés au moment de la dernière rentrée littéraire que je n’avais pas eu le temps de lire, lisant en priorité ceux envoyés par les différentes maisons d’édition. C’est donc en compagnie de Gaëlle Nohant que j’ai passé quelques heures cette semaine. C’est toujours un plaisir de retrouver cette auteure découverte il y a quelques années avec le superbe ouvrage, La part des flammes.

Publiée maintenant chez Grasset, Gaëlle Nohant nous propose un superbe ouvrage ancré autour d’une femme, La femme révélée. Cette femme, le personnage principal de son nouveau roman, c’est Eliza Donnelley née Bergman aux alentours des années 20 que l’on retrouve trente ans après en 1950 dans une chambre miteuse d’un hôtel parisien.

Eliza se cache dans ce modeste hôtel sous le nom de Violet Lee. Elle a brusquement abandonné les beaux quartiers de Chicago, un mari fortuné et son petit garçon, n’emportant qu’une valise, son Rolleiflex et une photo de son fils. Pourquoi s’est-elle donc enfuie, au risque de tout perdre ?

Dans ce Paris qui redécouvre la lumière après les années sombres de la guerre, la secrète Violet tente de se réinventer. A travers l’objectif de son appareil photo, Violet apprivoise cette ville qu’elle ne connaît pas, elle saisit les visages des humbles et des invisibles. On la voit découvrir une indépendance nouvelle, elle se laisse traverser par le souffle de sa passion. Mais en même temps, elle se sent aussi traquée et déchirée par la douleur de l’exil. Et puis il y a aussi la douleur de l’abandon de son fils qu’elle n’arrive pas à se pardonner ? Vingt ans plus tard, Eliza retourne à Chicago.

La première partie de l’ouvrage fait s’alterner deux récits, celui des déambulations de Violet Lee dans Paris et celui qui nous raconte sa vie avant son départ vers Paris. La lecture nous dévoile une femme qui adorait son père qui lui a appris de nombreuses choses, sa rencontre avec son mari qui n’est pas un coup de foudre mais qui se termine rapidement par un mariage, adoubé par sa mère. Ce mariage lui fait lâcher ses études, se retrouvant rapidement enceinte puis éloigné de son mari parti à la guerre, coincé avec sa belle-mère dans une grande maison.

C’est un mari profondément transformé qu’elle retrouve après la guerre, buveur, coureur de jupons, pas très honnete dans ses affaires. Eliza va trouver auprès de son appareil photo. Un jour, un noir dénommé Alvin Jones tire sur son mari, lui reprochant d’avoir incendié son appartement, provoquant la mort de sa femme et de ses enfants. Elle apprend ensuite que son mari était le propriétaire de l’immeuble dans lequel était situé l’appartement. Eliza commence à douter de son mari, ce qui va entraîner sa fuite vers Paris.

La seconde partie raconte son retour vers Chicago en 1968, une ville qui au final n’a pas beaucoup changé depuis son départ, ce qu’elle nous raconte et qui souffre toujours des maux.

C’est donc un superbe livre et une superbe histoire que nous propose Gaëlle Nohant avec La femme libérée. Un livre dans lequel l’auteur décrit avec précision la reconstruction de la vieille Europe et de Paris, en pleine résurrection sous les mots de l’auteur. Evidemment, le choix de Paris pour Violet n’est pas anodin, Paris qui symbolise pour elle et d’autres la liberté.

De l’autre côté de l’Atlantique, Gaëlle Nohant nous dévoile la ville de Chicago, à l’histoire compliquée mais aussi l’Amérique des années 60 marqué par le racisme et la ségrégation. Le racisme, la place des noirs dans la société, que cela soit en Europe ou en Amérique est au cœur de l’ouvrage, de par la tolérance inculquée par son père qu’elle a pour les noirs, jusqu’au problème que rencontre son mari avec le noir qui lui tire dessus en passant par les personnages noirs qu’elle rencontre, notamment le musicien noir malvoyant.

On sent à la lecture de l’ouvrage que l’auteur s’est beaucoup documentée, ce qu’elle confirme d’ailleurs à la fin de l’ouvrage, pour nous proposer un ouvrage précis sur le Paris des années 50, la Chicago de la fin des années 60, pour nous parler des mouvements des droits civiques aux Etats-Unis et de la guerre du Vietnam, le tout en passant par les caves de Saint-Germain-des-Prés, dans les vapeurs de jazz.

Alors voilà La femme révélée est un roman lumineux, superbement écrit dans lequel on voit une femme se libérer au fil des pages, passant d’Eliza à Violet, dévoilant peu à peu un secret bien gardé mais aussi une femme qui va gagner le droit de vivre en artiste en accord avec ses convictions.

La femme révélée est pour moi un livre qu’il faut absolument lire, un superbe ouvrage que je relirai sûrement dans quelques années tant je l’ai apprécié.

 

En savoir plus :
Le Facebook de Gaëlle Nohant


Jean-Louis Zuccolini         
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# 20 septembre 2020 : Orages ...ô des...espoirs !

Ce bel été indien se termine sur des orages, du tonnerre et des inondations terribles. Décidément 2020 ne nous épargne rien. Dans l'espoir de jours meilleurs et se faire plaisir au milieu de tout cela, voici notre sélection culturelle de la semaine.

Du côté de la musique :

"In and out of the light" de The Apartments
"Chrone EP" de Atrisma
"State of emergency" de Babylon Circus
"Nomadic spirit" de La Caravane Passe
"Règle d'or" de Marie Gold
"Berg, Webern, Schreker" de Orchestre National d'Auvergne & Roberto Forès Veses
et toujours :
"Transience of life" de Elysian Fields
"Cerna vez" de Thomas Bel
"Bandit bandit" de Bandit Bandit
"Twins" de Collectif La Boutique
"Run run run (hommage à Lou Reed" de Emily Loizeau
Emily Loizeau en concert au CentQuatre
"Papillon blanc" de Gabriel Tur
"Dix chansons naturelles et sauvages" de Hugo Chastanet
"Both sides" le spectacle de Jeanne Added au CentQuatre

Au théâtre :

les nouveautés :
"Aux éclats..." au Théâtre de la Bastille
"Onéguine" au Théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis
"Surprise parti" au Théâtre de la Reine Blanche
"Mademoiselle Else" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Killing Robots" au Théâtre Paris-Villette
les reprises :
"Marie des Poules" au Théâtre du Petit Montparnasse
"Hector Obalk - Toute l'Histoire de la peinture en moins de deux heures" au Théâtre de l'Atelier
"Trinidad - Pour que tu t'aimes encore" au Studio Hébertot
"Carla Bianchi - Migrando" à la Nouvelle Seine
"Jos Jouben - L'Art du rire" à La Scala
"Mudith Monroevitz" à la Nouvelle Seine
et les spectacles déjà à l'affiche

Expositions :

la nouvelle saison muséale avec "Sarah Moon - PasséPrésent" au Musée d'Art Moderne de Paris
la dernière ligne droite pour "Helena Rubinstein - La collection de Madame" au Musée du Quai Branly
et toujours :
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
"Ailleurs" de Gints Zilbalodis
at home :
"Caramel" de Nadine Labaki
"Tomboy" de Céline Sciamma
"Peur" de Danielle Arbid
"La Cour de Babel" de Julie Bertucelli
"La Bataille de Solférino" de Justine Triet

Lecture avec :

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"De soleil et de sang" de Jérôme Loubry
"Fin de combat" de Karl Ove Knausgaard"
"KGB" de Bernard Lecomte et "Napoléon, dictionnaire historique" de Thierry Lentz
"La danse du vilain" de Fiston Mwanza Mujila
"Louis XIV, roi du monde" de Philip Mansel
et toujours :
"Apeirogon" de Colum McCann
"Ce lien entre nous" de David Joy
"Dans la vallée du soleil" de Andy Davidson et "Les dynamiteurs" de Benjamin Whitmer
"Ensemble, on aboie en silence" de Gringe
"Hourra l'Oural encore" de Bernard Chambaz
"Mes fous" de Jean-Pierre Martin et "Et si on arrêtait de faire semblant" de Jonathan Franzen

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