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puce Mes fous - Et si on arrêtait de faire semblant ?
Jean-Pierre Martin - Jonathan Franzen  (Editions de l'Olivier)  août-septembre 2020

Ma rentrée littéraire en compagnie des éditions de l’Olivier s’achève déjà avec les dernières lectures du roman de Jean-Pierre Martin et de l’essai de Jonathan Franzen. J’ai d’abord commencé par lire le court ouvrage de Jean-Pierre Martin et j’ai eu le plaisir de terminer mon aventure littéraire avec l’excellent Et si on arrêtait de faire semblant, ouvrage qui nous incite à la réflexion.

Avec Mes fous, Jean-Pierre Martin, auteur déjà d’une bonne vingtaine d’ouvrages, nous embarque dans la vie d’un certain Sandor. Sandor est un personnage perplexe. Il se demande s’il n’attire pas les fous ou si c’est lui qui recherche constamment leur compagnie. Pourquoi a-t-il ce genre de questionnement ? Tout simplement car lorsqu’il sort de chez lui, des corps errants l’abordent et s’accrochent à sa personne, faisant de lui le dépositaire de leurs récits extravagants. Il y a Dédé, le fou météo mais aussi Laëtitia et ses visions étranges. Il rencontre aussi madame Brandoux qui jure toute la journée contre le monde entier et bien d’autres encore. Il y a aussi un vieil harki et plein d’autres "fêlés".

Sandor en vient à se demander s’il n’est pas fou aussi. D’autant que Constance, sa fille, est atteinte d’une terrible maladie qui l’isole du reste du monde.

Si vous cherchez ce que peut être une ribambelle de fous, le livre de Jean-Pierre Martin va vous dévoiler des fous aussi différents les uns que les autres. Ce qui est fou, tiens donc moi je commence à en parler, c’est que tous ces fous tournent autour de lui et s’intéressent à lui. Il va donc falloir qu’il s’y intéresse, qu’il aille chercher d’où vient cette folie et qu’il comprenne pourquoi il les attire.

Sandor, en arrêt maladie, lit des ouvrages sur les fous mais aussi des ouvrages écrits par des fous. Il trouve des fous à la ville mais aussi à la campagne (en Haute-Loire et en Lozère), à Lyon mais aussi en Roumanie lorsqu’il accompagne Rachel qui doit participer à un jury de thèse à l’université de Craiova. Il va rencontrer des fous presque raisonnables, des fous démonstratifs, des fous éteints, des fous dangereux pour eux-mêmes et les autres.

A force de les côtoyer, il en vient même à se demander s’il n’est pas l’un d’entre eux, s’il n’a pas comme il nous le dit un grain, juste un petit grain et même parfois un petit vélo qui mouline de l’intérieur. Il s’interroge sur sa fille Constance, son ami lui disant que la folie de sa fille était peut-être contagieuse.

Alors voilà, l’ouvrage Mes fous de Jean-Pierre Martin reste un ouvrage plaisant sympathique à lire même si on ne s’intéresse pas spécialement aux fous. Avec beaucoup de sensibilité, d’humour et de désespoir, l’auteur raconte ceux qui butent, qui penchent, qui chantent la journée et hurlent la nuit. Une histoire de fous en quelque sorte mais aussi l’histoire d’un père et de sa fille.

Je connaissais depuis déjà bien longtemps le talent de romancier de Jonathan Franzen mais je ne savais pas qu’il était aussi un brillant essayiste. Son nouvel ouvrage, Et si on arrêtait de faire semblant ?, en est une preuve brillante, l’auteur nous proposant un recueil composé de textes écrits entre 2001 et 2019.

L’ouvrage se compose de récits personnels comme randonnée au Chili après le suicide de David Foster Wallace mais aussi son expérience du terrible 11 septembre 2001. Il était aussi composé de réflexions beaucoup plus vastes sur la littérature, l’écologie où la façon dont les nouvelles technologies altèrent les liens affectifs. Avec cet ouvrage, Jonathan Franzen nous pousse à interroger notre place et notre rôle dans la marche du monde.

L’article qui clôture l’ouvrage, tout en lui donnant son titre a été publié en septembre 2019 dans Le New Yorker. Consacré au réchauffement climatique, il s’affirme comme un authentique lanceur d’alerte. Les mots de Franzen résonnent d’un écho particulier aujourd’hui. Devant l’inéluctable, comment devons-nous réagir ? Il décrit aussi la lutte qui se joue en chacun de nous entre l’optimisme béat le déni et le pessimisme. Il nous montre au final qu’il existe au milieu de tout cela une voie médiane : celle du pragmatisme militant.

L'un des premiers chapitres concernant son voyage sur une île perdue au large du Chili pour aller disséminer une partie des cendres de David Foster Wallace à la demande de sa femme m’a beaucoup plu. Elle permet de voir l’amitié qui liait les deux écrivains, l’admiration que pouvait avoir Franzen pour Wallace aussi. Il nous explique les nombreux tourments que connaissait l’auteur de l’infinie comédie (immense ouvrage de Wallace) et tente d’expliquer son suicide mais aussi ce qui a pu guider l’écriture de ses ouvrages.

Franzen nous fait voyager en même temps qu’il cherche à nous faire réfléchir. Il s’intéresse beaucoup aux oiseaux, part en Italie pour enquêter sur la technique controversée de chasse à la glu. Il s’interroge aussi sur les grandes migrations des oiseaux pour tenter de comprendre pourquoi certaines espèces disparaissent. Le problème lié à la fonte des glaces est aussi présent dans l’ouvrage. Franzen nous raconte qu’après avoir perdu un oncle et hérité de lui, il s’est lancé dans une expédition coûteuse en Antarctique. L’histoire de cette fin du bout du monde, titre du chapitre, nous dévoile un auteur rempli d’humour qui profite des paysages magnifiques qu’il nous décrit pour nous parler aussi de lui, n’hésitant pas à nous faire entrer dans son intimité.

Il nous propose une réflexion très pertinente sur les attentats du 11 septembre, n’hésite pas à partir en Chine sur les traces du macareux chinois, une housse de golf en fourrure. Il nous propose aussi pour clôturer l’ouvrage un article qui donne son titre au livre, article qui lui valut une controverse qui parlait du réchauffement climatique.

Alors voilà, les réflexions de Jonathan Franzen m’ont particulièrement intéressé même si je dois avouer que je le préfère dans l’exercice du roman que dans celui de l’essai. Il est néanmoins important qu’il fasse partie de ces écrivains qui s’interrogent sur le devenir de notre planète, de sa faune et de sa flore. Le regard critique qu’il porte sur les nouvelles technologies est aussi particulièrement intéressant. Une question se pose alors avec évidence, celle portée par l’auteur : Et si on arrêtait de faire semblant ?

 

A lire sur Froggy's Delight :
La chronique de "Phénomènes naturels" du même auteur

En savoir plus :
Le site officiel de Jean-Pierre Martin
Le site officiel de Jonathan Franzen
Le Facebook de Jonathan Franzen


Jean-Louis Zuccolini         
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