Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep Twitch
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Je m'appelle Adèle Bloom
Studio Hébertot  (Paris)  juin 2022

Comédie dramatique écrite et mise en scène par Franck Harscouët, avec Armelle Deutsch, Sophie-Anne Lecesne, Philippe d’Avilla et Laura Elko.

Voilà une plongée dans l'univers psychiatrique des années 1950 qui ne laissera personne indifférent ou indemne si l'on emploie la formule consacrée.

Dans "Je m'appelle Adèle Bloom", Franck Harscouët a voulu aborder à son tour cette période sombre de la psychiatrie nord-américaine où des "savants fous" avaient fait de la lobotomie l'alpha et l'oméga de leur pratique.

C'est en compagnie de la jeune postière, Adèle Bloom (Armelle Deutsch), qui arrive à l'hôpital psychiatrique de Providence, près d'Halifax (Canada) pour y être internée à la demande de sa mère, que l'on va être immergé dans un univers qui a plus à voir avec le cadre d'un film d'horreur qu'avec un lieu où l'on soigne. On pense très vite à quelques films emblématiques ("La Fosse au serpents" d'Anatole Litvak et bien entendu, "Shutter Island" de Martin Scorsese)

Car c'est à un récit immersif que l'on est convié. Qu'on soit homme ou femme, on ne pourra que s'identifier à Adèle, qui, peu à peu, découvre les pratiques du Dr Walter Freeman (Philippe d'Avila), adepte forcené du bistouri pour pénétrer dans les cerveaux féminins.

Franck Harscouët a créé des personnages très forts pour entourer Adèle dans son enfer. A commencer par une infirmière, Miss Wilbord, garde chiourme ayant tout pouvoir sur les internées. On ne peut s'empêcher de l'assimiler à ces gardiennes de camps nazis ou soviétiques.

C'est Anne-Sophie Lecesne qui l'incarne. Elle sera aussi Poppie, l'alter ego d'Adèle, celle qui lui révèle comment fonctionne Providence et dont Rosemary Kennedy (Laura Elko), maillon faible de la future famille présidentielle, est l'interné la plus célèbre. Frank Harscouët en fait une pianiste remarquable qui manipule une poupée à son image.

Peu à peu, Adèle, qui aujourd'hui, serait traité pour de simples tocs, s'enfonce dans la folie à mesure où elle veut échapper à sa condition de recluse. Armelle Deutsch est impressionnante dans un rôle éprouvant. Sa partenaire principale, Anne-Sophie Lecesne, qui joue quatre rôles dans la pièce, est elle aussi hors du commun.

"Je m'appelle Adèle Bloom" vaut pour cette distribution de haut-vol et pour ce qu'elle explique du traitement inhumain que subissaient les "malades" à l'heure où la société, en pleine croissance, pensait que tout pouvait se résoudre par l'administration de thérapies nouvelles. La foi générale était dans un progrès constant, capable de surmonter tous les obstacles.

Mais le temps passant, l'idée que tous les pathologies étaient guérissables s'est estompée. La souffrance de ces femmes-cobayes a été prise ne compte et la pratique des électrochocs réduite, on l'espère, à des cas désespérés.

"Je m'appelle Adèle Bloom" tient en haleine, montre combien la société d'après guerre fut violente et contradictoire. Frank Harscouët dirige ses comédiennes avec beaucoup d'empathie, conscient de la violence des rôles proposées.

Armelle Deutsch joue Adèle Bloom avec une telle conviction que l'on craint parfois pour sa santé mentale. En toute logique, son rôle devrait lui valoir un Molière. En tout cas, cette pièce singulière hantera longtemps ceux qui l'auront vu.

 

Philippe Person         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 25 septembre 2022 : La culture n'est pas un luxe

8ème vague, confinement énergétique... rien de bien brillant pour le futur, heureusement il reste la curiosité et la culture. Gardons le cap et restons groupés. Voici le programme de la semaine.

Du côté de la musique :

"Bobo playground" de Alexis HK
"Ca pixellise" de Dimoné
"The portable Herman Dune Vol 1" de Herman Dune
"La mélodie, le fleuve et la nuit" de Jérôme Minière
"Kramies" de Kramies
"Mémoires d'une femme" de Myriam Barbaux-Cohen
"The hardest part" de Noah Cyrus
"Dvorak : Quatuor américain, valses" de Quatuor Talich
"Fauré le dramaturge" de Takénori Némoto, Cécile Achille, Cyrille Dubois et Ensemble Musica Nigella
et toujours :
"J'ai vécu les étoiles" de Andoni Iturrioz
"Ornette Under the Repetitive Skies 3" de Clément Janinet
"Alan Hovhaness : oeuvres pour piano" de François Mardirossian
"Live in Paris" de Fred Nardin Trio
"Show AC/DC" de Ladies Ballbreakers
"Luigi Concone" de Mavroudes Troullos & Rachel Talitman
quelques clips avec Moundrag, Ottis Coeur et Madam
"Souvenirs" de Pale Blue Eyes
"Life and life only" de The Heavy Heavy

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Harvey" au Théâtre du Rond-Point
"Les Producteurs" au Théâtre de Paris
"Bérénice" à La Scala
"Les Filles aux mains jaunes" au Théâtre Rive Gauche
"Il n'y a pas d'Ajar" aux Plateaux Sauvages
"Echo" aux Plateaux Sauvages
"Le syndrome d'Hercule" au Théâtre Essaion
les reprises :
"Cahier d'un retour au pays natal" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Le dépôt amoureux" au Théâtre Les Déchargeurs
"Darius" au Théâtre Essaion
"A la recherche du temps perdu" au Théâtre de la Contrescarpe
"L'Autre fille" au Théâtre des Mathurins
"Les Divalala - C'est LaLamour !" au Grand Point Virgule
et les spectacles à l'affiche

Expositions :

"Frida Khalo, au-delà des apparences" au Palais Galliera
"Hyperréalisme - Ceci n'est mon corps" au Musée Maillol
'Miroir du monde - Chefs d'oeuvre du Cabinet d'art de Dresde" au Musée du Luxembourg
et les expositions à l'affiche

Cinéma :
en salle : "L'Ombre de Goya" de José Luis Lopez-Linares
en streaming gratuit :
"Qui vive" de Marianne TArdieu
"Big Fish" de Tim Burton
"Marguerite" de Xavier Giannoli
"Chained" de Yaron Shani

Lecture avec :

"Les masques éphémères" de Donna Leon
"La guerre de cent ans" de Amable Sablon du Corail
"D'où vient l'amour" de Yann Queffélec
et toujours :
"Combattre en dictacture" de Jean Luc Leleu
"Hideo Kojima, aux frontières du jeu" de Erwan Desbois
"Le cartographe des absences" de Mia Couto
"Le coeur ne cède pas" de Grégoire Bouillier
"Le tumulte" de Sélim Nassib
"Un profond sommeil" de Tiffany Quay Tyson

Et toute la semaine des émissions en direct et en replay sur notre chaine TWITCH

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
twitch.com/froggysdelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=