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puce French Cowboy - Arpad Flynn - Pocket Bastard
Le Triomphe  (Saint-Etienne)  16 octobre 2008

Bienvenue au Triomphe, LE café-théâtre stéphanois qui fait la part belle aux soirées concerts. Un lieu authentique qui flaire bon le passé et qui fut un temps un cinéma porno mais cela n'ajoute que du cachet au lieu, comme de vieilles pierres pour une belle bâtisse. Une fois entré, un couloir lumineux bordé pour l'occasion par les stands des groupes nous mène au comptoir servant autrefois de guichet transformé aujourd'hui en petit bar, puis à un petit escalier sombre pour la descente aux enfers... Une fois passé les rideaux et une porte battante, nous voilà plongés dans l'intimité feutrée et chaleureuse de cette salle hors du temps, les murs rouges ornés de rampes d'ampoules spiralées – dont certaines sont grillées – tout ici est d'origine... Et il ne faut surtout rien changer !

Ce 16 octobre, le triomphe accueillait donc trois groupes. Avant de commencer la projection, petite anecdote. Un point commun entre ces formations : l'utilisation d'un modèle de guitare, lui aussi ressurgi du passé, la guitare jazz demie caisse (Semi hollow). C'est une guitare électrique au corps creux à table bombée – pour la raisonnance – le plus souvent ajouré par des ouïes. La plus connue étant l'Epiphone Sheraton créée dans les années 50, juste avant le rachat de la marque par Gibson et popularisée par BB King et son modèle signature Lucille. Un peu délaissée par les guitaristes et jugée un peu ringarde passé un temps, cette grosse et élégante guitare est aujourd'hui à la mode et dépasse de loin les styles jazz et blues auxquels elle était autrefois destinée.

Décollage en douceur avec Pocket Bastard secondé d'un compère aussi guitariste. Les deux acolytes décontractés mais non pas moins exigeants avec leur musique bien léchée, nous emmènent dans un voyage en première classe tellement intimiste (peut-être un peu grâce au lieu) que l'on se croirait à bord d'un sofa voguant entre des nuages de cotons.

Soutenu électroniquement par des nappes de synthé, guitare basse rondouillarde, et beats de batterie (quoique un peu trop artificiels et tranchants à mon goût pour ces derniers mais n'altérant pas la douceur de l'ensemble), le duo diffuse un son électro-pop-rock chaleureux. La puissante voix du chanteur tantôt douce, tantôt aiguë, tantôt rauque et nasillarde nous rappelle parfois (ainsi que quelques riffs) les Smashing Pumpkins.

Pocket n'a pas peur de s'octroyer une petite pause avec une ballade en solo armé uniquement d'un petit clavier électronique couplé à un mini VAIO et nous lancer " Ça ne vous dérange pas si je consulte mes mails ?" avant de chanter. De retour à la guitare avec son collègue, les "bâtards" nous livrent une fin de set allant crescendo rock et nous glissent une petite reprise de U2, "Where the streets have no name", sortie de nulle part. Atterrissage, lumière et première entracte. Il ne manque que le passage d'un panier ambulant distribuant bonbons, esquimaux glacés et pop-corn pour s'y croire vraiment.

C'est maintenant au tour d'Arpad Flynn d'entrer en piste. Ce quintet stéphanois post punk new wave composé de deux guitares + voix, une basse, batterie et clavier est beaucoup plus tendu que le premier groupe, non pas parce qu'il ne serait pas habitués à la scène bien au contraire, mais parce qu'ils s'apprête à livrer une bataille.

C'est le chanteur avec sa voix obsédante sortie d'outre-tombe qui en fait le plus les frais et, tel Ian Curtis, il nous esquisse quelques postures saccadées et convulsées pour agrémenter le set et démontrer sa présence. Les guitares envoient une sauce punk-pulsée sous l'omniprésence d'un bassiste dominant et du clavier en mode orgue diffusant aussi quelques samples toujours bien dosés.

C'est immédiatement plus énergique et rythmé surtout sous l'influence d'un batteur ne laissant pas le silence transpirer ! Le tout sur fond d'archives vidéo noir et blanc des années 50/60 où des pin-up s'effeuillent. Drôle de façon de perturber le public distrait par les images osées et décalées, les musiciens n'étant plus le centre d'intérêt mais le décor d'extraits de films avec le plaisir du live, est-ce un concept inversé issu de la solution expérimentale d'Orange Mécanique ?

Après s'être battu jusqu'au bout, le groupe laisse place à la lumière et la paix. ...deuxième et dernière entracte.

Revenue avant la fin de l'entracte, une belle inconnue est déjà là, à observer les cowboys faire leurs balances. Rien qu'à ce stade, on se rend déjà compte que ces mecs ont du métier, et le son n'en sera que meilleur, c'en est presque à croire que les autres groupes sonnaient en mono alors qu'eux, c'est limite du dolby surround 5.1 3D.

Bref, une fois les "longues" balances terminées, c'est au tour de Federico Pellegrini – chanteur des French Cowboy – avec sa casquette fétiche vissée sur la tête et de Lisa Li-Lund (artiste Franco-Suédoise co-auteur du dernier album des FC embarquée sur la tournée), la toute fraîche – et un peu maladroite ce soir là, mais charmante – recrue 2008, de se lancer pour deux chansons.

Petit tour de chauffe en intimité afin de faire les présentations et nous délivrer un doux pop-folk et planter le décor. Justement voila les zicos qui arrivent, batteur, bassiste, guitariste lead. Nos cinq personnages réunis donnent l'impression de sortir d'un Road Movie US.

Dès les premiers accords, on sent que nos vieux loups sont rodés, Lisa étant un agneau gambadant au milieu pour pimenter le tout. Ils délivrent un son riche, plein, tout droit sorti du fin fond des déserts américains, un pop/rock/folk façon FC, ambiance lonesome cowboy assurée oui mais pas country pour un dollar.

Au milieu du set, le quintet nous lâche une petite reprise d'Amy Winehouse échappée d'une fleur de cactus. Pendant le break, notre chanteur s'assoit sur le bord de la scène, descend et s'approche doucement de notre belle inconnue du début – qui ne pensait certainement pas se retrouver si vite sous les feux des projecteurs – pour l'inviter à danser avec lui. Le break vire alors en slow langoureux des années 50, il finit à genoux implorant devant elle, puis s'échappera juste après un baise main. Quelques morceaux après, on nous annonce le final et quel final ! Comme une fin de western spaghetti quand le bon va tuer la brute, la tension monte à n'en plus finir, usage de chœurs somptueux et transcendants (Enio Morricone si tu nous entends...).

Et comme ça ne pouvait pas s'arrêter là, le groupe revient battre le rappel sous l'enthousiasme du public. S'ensuivirent trois chansons rock supersoniques pour bien enfoncer le clou. Ah ! Pour les happy ends, les French Cowboy sont vraiment fort, pas le temps de ranger leurs colts encore chauds qu'ils reprennent déjà la route.

...I'm a poor lonesome -French- cowboy, I'm a long long way from home...

-THE END-

 

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En savoir plus :
Le site officiel de French Cowboy
Le Myspace de French Cowboy
Le site officiel de Arpad Flynn
Le Myspace de Arpad Flynn
Le site officiel de Pocket Bastard
Le Myspace de Pocket Bastard

Crédits photos : Eric Ségelle (Toute la série sur Taste of Indie)


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