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Théâtre du Rond-Point  (Paris)  février 2011

Comédie dramatique de François Bégaudeau, mise en scène de Arnaud Meunier, avec Jacques Bonnaffé, Anaïs Demoustier et Emmanuelle Devos.

Un couple, lui écrivain, la cinquantaine, elle infirmière en bloc opératoire, quelques années de moins. Leurs deux enfants, une fille en terminale et un fils en fac de philo. Autrement dit une famille, une famille lambda, installée, tranquille, bourgeoise, confortablement installée dans sa routine.

Un long canapé coupe la scène en deux. Devant ce long canapé, une table basse, et derrière, le comptoir d'une cuisine américaine. Au milieu de ces meubles aux couleurs beige et blanc cassé, on trouve l'harmonie, le consensus, la neutralité. Pourtant, un matin, en partant pour le travail, la mère a laissé une lettre à sa famille. Elle y explique qu'elle va partir et aller vivre avec un autre homme. Le soir venu, les quatre sont réunis, l'heure des explications est arrivée.

Dans le rôle de l'écrivain, qui pour se donner une contenance affiche une attitude cynique, Jacques Bonnaffé, minéral, impose sa présence sans presque bouger du canapé. La jeune Anaïs Demoutier, nommée en 2009 pour le César du meilleur espoir féminin, se glisse avec aisance dans le personnage de la fille, à la fois romantique et pragmatique. Alexandre Lecroc incarne le fils qui, confronté à la situation, est submergé par le sentiment d'abandon. Face à eux, Emmanuelle Devos est magistrale, en femme désirante qui choisit de mettre un terme à son existence paisible pour aller vers l'inconnu d'une nouvelle histoire d'amour.

"Le problème" est qu'il n'y a pas de drame ou de souci insurmontable dans cette famille. Le problème est, pour cette femme, d'essayer de faire comprendre son choix d'un nouveau parcours à ceux qui jusqu'à présent ont toujours partagé sa route. Pour les autres, le problème consiste à se confronter à cette rupture, rupture du couple, rupture familiale mais surtout rupture des habitudes et de ce qui était considéré comme à jamais acquis.

Le texte de François Bégaudeau, qui s'articule aussi autour d'un devoir de philo à rendre pour le lendemain, "la conscience est-elle compatible avec le bonheur?", n'évite pas un effet quelque peu mécanique.

Afin de préparer les auditeurs candidats aux épreuves du baccalauréat, Raphaël Enthoven accueille traditionnellement, dans son émission "Les chemins de la connaissance", diffusée sur France Culture, des professeurs de philosophie  qui mettent en garde contre le systématisme du plan dialectique "thèse - antithèse - synthèse" dans lequel la pensée progresse souvent de manière heurtée.

Or, François Bégaudeau fait se confronter son héroïne, au fils qui souffre, à la fille qui soutient le projet de sa mère à travers une vision romantique de l'histoire et au mari qui conçoit et comprend sa femme mais ne peut s'empêcher d'être triste et assurera le devoir familial. Cette approche en trois points débouche sur une structure narrative qui aurait certainement gagné à être relevée d'un zeste de fantaisie, mais qui néanmoins colle à la nature sans originalité des personnages.

La mise en scène d'Arnaud Meunier parvient à créer les tensions nées du non-dit. Il y a d'abord l'utilisation intelligente des lignes horizontales créées sur scène par les éléments du décor. Le canapé et le comptoir de la cuisine américaine coupent, à la verticale, l'espace entre les personnages et accentuent, à l'horizontale, la notion d'éloignement. De plus, Arnaud Meunier étire les silences entre les personnages afin de transmettre le malaise et l'incompréhension qui existent dans cette famille.

Mais surtout, il y a dans la scénographie judicieuse et réussie de Damien Caille Perret un élément essentiel à cette histoire. Une structure de poutres entoure la scène pour donner l'impression d'une pièce aux murs transparents qui tient le spectateur à l'écart, dans un rôle de voyeur. Cependant cette structure est bombée, les poutres ne sont pas droites mais forment un arc orienté vers l'extérieur.

Ce qui induit l'impression d'une distorsion en barillet, c'est-à-dire d'une image déformée comme passée à travers le prisme d'un objectif qui rendrait le centre de l'image plus grand. Or la magie du théâtre opère ainsi, en transformant une histoire tristement banale, ou banalement triste, en une parenthèse dans le temps par la grâce des acteurs, le rythme et la musicalité du texte.

 

Laurent Coudol         
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