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Interview (2ème partie)  (Paris)  lundi 31 août 2015

Suite et fin de la rencontre avec Sébastien Lalanne et Charles Clément de la série Hero Corp. Cette fois-ci, il sera question de Superman et de la Saison 5...

Ces super héros, c’est un univers dans lequel vous étiez déjà plongés avant la série ?

Sébastien Lalanne : Non, pas du tout. L’idée d’origine vient d’un spectacle qu’avaient créé Simon et Alban et d’un sketch qu’ils avaient fait. Mais Simon ne pouvait pas se résoudre à faire une série qui soit une suite de skecths et de petites blagues de 2 minutes. Il se serait emmerdé très vite. On s’est donc intéressé à l’univers, on s’est renseigné, on a lu, on est allé voir des expos. Et puis les super héros, c’est la mythologie moderne ! C’est de la tragédie grecque.

Pas question, j’imagine, de concurrencer les Marvel ou les DC Comics ?

Sébastien Lalanne : Non, surtout pas ! Mais le principe de départ de leurs sketchs était celui-là. Ils avaient fait un pilote avec des super héros un peu cons. Il y avait par exemple Captain Démographie : le gars se pointait, il regardait une ville de loin et il pouvait compter la population. Les autres lui disaient : "putain, mais c’est nul". Ce à quoi il répondait : "ben oui mais on n’est pas là pour se juger". Le gars avait toutes les stats d’une ville, mais il ne savait pas quoi en faire. Il y avait Oignon man : c’est un gars qui fait tout à base d’oignon, alors il chassait les vampires, ce n’était pas vraiment de l’ail mais il espérait que ça allait passer quand même. (rire général)

Mais quand on s’attaque à un truc comme les super héros, on a envie d’aller plus loin : le bien, le mal, comment cela se construit et s’articule. Et puis le principe du super héros quand même, c’est qu’il est premier degré, il n'a pas d’humour, ou alors il s’appelle Iron Man et c’est un alcoolique. Superman, qui a tous les pouvoirs, c’est quand même le mec le moins drôle du monde. Cela doit être chiant un dîner avec lui. D’ailleurs, pourquoi on n’aime pas Superman, c’est parce qu’il n’a aucune faille, il nous fait chier. Il y a la kryptonite, OK, il a un rhume quand il y a de la kryptonite mais c’est une blague quoi.

Charles Clément : C’est vrai que c’est le seul, tous les autres ont une face obscure.

Sébastien Lalanne : Mais oui, regarde Batman, ce n’est qu’une faille.

Batman n’est pas un super héros au sens propre.

Sébastien Lalanne : Iron Man non plus.

Charles Clément : Ce sont des demi-dieux si on continue sur la comparaison mythologique.

Sébastien Lalanne : Il était hors de question de rivaliser avec Marvel en tout cas. On n’avait pas les moyens de casser des immeubles.

Pour le coup, notamment dans la saison 1, les super héros de Hero Corp ont des failles.

Sébastien Lalanne : Oui, on a pris des mecs à la retraite ou dépressifs, ou sur la touche ou qui en on marre. Et c’est ça un vrai héros, ce sont des mecs qui se relèvent après être tombés. Pour revenir à Superman - vraiment je le déteste, et il serait là, je lui dirais ! - il n'a jamais mal, ce n’est pas intéressant.

Alors que ceux de Hero Corp progressent sans cesse et en l’occurrence, vers une saison finale. Alors cette saison sera vraiment finale, les héros vont vraiment disparaître des écrans ?

Sébastien Lalanne : Oui, c’est fini. Alors je ne sais pas tout hein, et même si je savais, je ne vous le dirai pas mais oui, c’est fini. Et c’est une grande nouveauté. Simon est quand même le roi du cliffhanger donc là, cela va être un sacré exercice.

Et pourquoi donner une fin définitive, alors ?

Sébastien Lalanne : Il faut que ça s’arrête. Je pense que la fin valide ce qu’il y a avant. La chaîne veut s’arrêter, Simon veut s’arrêter. Il faut éviter Alzheimer.

Superman, lui, a survécu à ses auteurs…

Sébastien Lalanne : Non, on ne veut pas cela. Et puis je n’aime pas Superman (rires). Mais j’aime bien son invention car il a inventé un genre, juste avant la Seconde Guerre mondiale. Et un des premiers dessins d’ailleurs, c’est Superman qui prend Staline et Hitler par la gorge et les jette au tribunal pénal international, c’est très symbolique. Et Hitler dit un truc comme : "Aïe ! Tu me fais mal". C’est marrant ce décalage entre le symbole du dessin et la bulle. Et puis, c’est aussi le symbole des juifs qui sont allés à New York et New York est la ville qui symbolise la renaissance après le nazisme, donc la ville des super héros. Ceci dit, il y a eu des super vilains nazis mais ils ont été retirée.

Ant-Man est sorti, il y a peu. Vous ne l’avez pas mal pris car il y a aussi Fourmi man dans Hero Corp (joué par Manu Payet) ?

Sébastien Lalanne : Non, on les as laissé faire (sourire). Je ne l’ai pas vu mais j’ai un peu décroché des super héros, il y en a trop maintenant. En plus, je n’ai pas de mémoire, j’oublie des trucs.

Concernant les paliers, éclairez ma lanterne. Ces jours de tournage sont des jours supplémentaires par rapport aux jours prévus ?

Sébastien Lalanne : Oui, bien sûr ! C’est en plus. En tout, ce sont des semaines de tournage !

Cela signifie que vous écrirez des scènes supplémentaires ?

Sébastien Lalanne : Non, quand on doit faire rentrer une saison avec tant d’argent - c'est-à-dire ce que l’on peut payer en terme d’acteurs, d’hôtel, de bouffe, de matos et de décors - on divise le nombre de minutes total par le nombre de jours possibles et on arrive au nombre de minutes à tourner par jour. Nous sommes à 12 minutes, c’est énorme. France 2, c’est 3 minutes, cela veut dire qu’on fait 4 journées en 1. Donc si on a plus de temps, c’est mieux.

Si on peut avoir des journées à 7 ou 8 minutes, c’est super. Cela permet de prendre plus de temps, de faire un plus joli plan. Que Morgan qui fait les lumières puisse faire ses lumières un peu mieux. Parce qu'il ne faut pas oublier que les gens sont jugés sur leur travail. Quand on regarde Hero Corp, on peut dire : "Hum ! Les lumieres ne sont pas top…". Pourtant, le mec est extraordinaire, il est génial mais on ne lui laisse pas le temps d’être génial. Il y a un paquet de gens très très forts dans l’équipe.

Charles Clément : Beaucoup de talents et que des passionnés. Si tu signes, tu te donnes à fond.

Sébastien Lalanne : Les décors sont incroyables. Ils n'ont pas de moyens, ils essaient de faire des choses qui ne fassent pas "cheapos", il se débrouillent, ils ne dorment pas.

Charles Clément : Et sous payés mais c’est aussi ce qui fait le charme du projet. Quand tu vois des chaines comme T** qui font des séries avec un budget énorme et quand tu vois le rendu, tu as juste envie de zapper. Et quand tu en vois d’autres qui s’arrachent pour pas grand chose…

Sébastien Lalanne : Oui mais on est heureux !

France 4 vous soutient comme il se doit ?

Sébastien Lalanne : Oui, ce sont de vrais partenaires, ils viennent sur le tournage, regardent comment cela se passe, donnent des avis, mais ce ne sont pas des censeurs ou en tout cas, dans le bon sens. Vraiment des partenaires. Ils lisent les scénarios et contrairement à d’autres chaînes où il faut tout raboter (attention ! L’enfant ne doit pas tomber par terre, on va croire qu’il va se casser un bras. Il ne faut pas claquer les portes...). Là, on est autorisé à tout, parfois ils nous repprochent même de pas aller plus loin.

Charles Clément : Fumer, boire, tu te rends compte, c’est incroyable.

Comment avez-vous choisi vos techniciens, ce sont des amis ?

Charles Clément : Au départ oui, il y en a qui sont partis, d’autres arrivés mais globalement ce sont les mêmes.

Et le choix des décors se fait comment ?

Sébastien Lalanne : On fait des recherches. L’idée est de filmer des choses en France, dans des endroits que l’on ne connaît pas ou que l’on n’a pas l’habitude de voir. Par exemple, la saison 1 quand on le trouve, c’est un miracle. Il n'y a pas d’eau et pas d’électricité dans ce village. Même si depuis peu de temps ils ont enfin l’eau et puis c’est chargé d’histoire, il y a eu la peste dans ce village, il y a une grotte sous le village où les gens s’étaient réfugiés et sont tous morts de la peste dedans.

Charles Clément : Ca calme, hein ! La saison 1, ça calme tout de suite.

Sébastien Lalanne : La saison 4, ce sont d’ancienne bases de sous marins nazis. La prison aussi, c’est un lieu hallucinant.

Les images sont magnifiques en effet, même les extérieurs. Comment décider de tourner dans ces lieux ?

Sébastien Lalanne : Il y a des gens dont c’est le métier de trouver des lieux comme cela et puis internet est un bon outil aussi. J’ai déjà trouvé des décors grâce à internet : on contacte le propriétaire qui accepte en général d’ouvrir au tournage.

Charles Clément : Le château de la saison 3 est magnifique, dans la neige, il faisait moins 10 mais ce n’est pas grave !

Sébastien Lalanne : Ah ça, ils ne l’ont pas les Américains, ils n'ont pas des chateaux de mille ans ou des bases nazies.

On voit dans la saison 3 qu’il fait froid dans ce château, en tout cas.

Sébastien Lalanne : Je n’en garde pas un souvenir si terrible, bizarrement. Sur la saison 3, je ne faisais pas la direction artistisque donc j’étais assez peinard à faire mes séquences. Et comme il était prévu qu’on ait froid, je ne garde pas de souvenir de souffrance, on était dans l’idée d’avoir froid. Par contre, pour la saison 1, ce n’était pas prévu et on s’est tapé des 0 degrés. Alors quand on doit tourner en t-shirt la nuit, ça pique ! Et la saison 4 était la plus confort : il faisait frais, c’était super. La saison 2 on se caillait, c’était une horreur.

Certains acteurs commencent à avoir un bon succès depuis la saison 1 (Alban Lenoir, toi, Simon Astier). Ce succès empiète sur le tournage de Hero Corp ? Je pense notamment à ton look sur la saison 4 qui est proche de celui que tu as dans Antigang.

Sébastien Lalanne : Ah non, ce n’était pas en même temps, c’est un hasard. Antigang s’est fait après, cela s’est bien calé. Mais sur la saison 5, je vais avoir des problèmes de poils car il y a des choses qui tombent en même temps mais je pense que cela va aller. Enfin j’espère ! La saison 5 se tourne en octobre.

Le fait de tourner Antigang avec Alban Lenoir, c’est un hasard ?

Sébastien Lalanne : Non pas complétement, il y a des familles qui se croisent. Il faut laisser les choses se faire. Je connais bien Alban, il est sur le projet qui a pour idée de faire une bandes de potes. Parallèlement à cela, j’avais fait une série France Québec avec une costumière géniale dont le mari est producteur et, de fil en aiguille, le producteur m’avait vu dans Hero Corp, etc.

Charles Clément : Et puis France Québec, c’est Jonathan Cohen, ce sont des connexions comme cela.

Sébastien Lalanne : C’est vrai que cela reste la famille et on a fait Antigang comme on aurait fait Hero Corp. J’ai appris à me connaître, je crois que je ne peux pas vraiment faire autrement.

Du coup, Jean Reno va jouer dans Hero Corp saison 5 ?

Sébastien Lalanne : Hey… qui sait, peut-être. Non mais je ne crois pas.

Pour le coup, Astier c’est aussi vachement la famille depuis Kaamelott et sans doute avant. Mais cette fois, Alexandre est peu présent sur Hero Corp ?

Sébastien Lalanne : Ce sont deux créateurs avec des univers différents donc c’est normal.

Charles Clément : Le père aussi est créateur, mais tout le temps en fusion tous les 3 ou même que les deux frères, ce n’est pas évident. Chacun a besoin de son espace de liberté.

Sébastien Lalanne : Il y a des avantages et des inconvénients. Alexandre a fait bosser tout le monde et voudrait peut-être travailler avec d’autres gens et puis pour les autres, il faut aussi qu’ils se sortent de cela et fassent leur truc à eux. Pour Simon, ce n’était pas évident, même en choix de comédiens mais il avait un peu peur qu’on lui repproche de faire encore un truc en famille. A mon avis, c’est faux. On prend les gens que l'on veut. En Amérique, ils bossent entre potes, cela ne dérange personne.

Charles Clément : C’est assez français ça, le rapport au succès et si en plus il y a la famille dans tout ça, alors là… De toute facon ce n’est pas plus mal qu’ils fassent leur chemin chacun de leur côté, qu’ils partagent mais qu’ils fassent selon leur envie aussi.

Simon n’a pas craint la comparaison ?

Sébastien Lalanne : Non, je ne pense pas. Il y a des choses qui se font malgré eux. Il y a quand même une culture familiale qui vient des parents.

Charles Clément : C’est comme dans la musique : tu fais partie d’une famille de grands compositeurs de musique, il y a de grandes chances pour que tu ais envie de devenir musicien. Mais qui inspire l’autre ?

Mais c’est vrai aussi que les personnages joués ne sont pas les mêmes dans chaque série, que ce soit pour Alban, Simon ou les autres.

Charles Clément : Peut-être qu’il doit y avoir des codes. C’est ça l’héritage, le point commun.

Sébastien Lalanne : Il y a le goût du con. Le con est aimé dans cette famille mais c’est parce que le con est honnête. Il fait tout au premier degré : t’es con, t’es con. Kaamelott cela ne rigole pas et Hero Corp, ça ne rigole pas. Mais c’est parce que ce sont deux personnes qui ont planté un univers et qui rentrent dedans et quand on rentre dedans, on le fait au premier degré en hommage à ce qu’ils font. Le Moyen-Age pour l’un et les super héros pour l’autre. Et le con s’accroche à la réalité de surface, à sa propre réalité.

Charles Clément : Et il provoque forcément quelque chose chez toi le con, de l’empathie comme l’envie de lui mettre une droite.

Sébastien Lalanne : Cela ne blague pas, les personnages se perdent dans la situation tout le temps.

Mais il y a une sacrée évolution de ces personnages de la saison 1 à la 4. C’est plus adulte qu’au début.

Charles Clément : C’est son histoire, il grandit. En fonction de ce qu’on fait, de ce qu’on est, on grandit.

Mais c’est un peu plus sérieux aussi, non ? On riait plus sur la saison 1, il y a plus d’émotions peut-être.

Sébastien Lalanne : Certains disent qu'ils riaient moins. Mais je pense cela aussi. Sur la saison 1, ils sont dans un monde enfantin, ne sont pas confrontés au monde extérieur jusqu’à ce que The Lord et Hoodwink arrivent. Alors commence la fin de l’innocence, les premières égratignures. Et les blessures laissent de traces, des cicatrices. Et même l’histoire d’amour de John est comme cela. C’est un amour adolescent et puis ensuite plein de reproches et qui devient sérieux et compliqué. Mais de l’humour il y en a encore, sauf qu’il est ailleurs.

D’ailleurs, les personnages le disent : ils préféraient avant. Dans la saison 3, quand ils sont dans les bois et qu’ils ont envie de se regarder dans les yeux et de créer des binones, ils veulent revenir en arrière, remonter le temps, mais ils ne pourront jamais, et ça les fait chier, c’était mieux avant.

Charles Clément : C’est là où elle est géniale, cette série. Tu grandis avec au fil des saisons.

Sébastien Lalanne : Et Burt, celui qui part de plus loin, qui semble bon à rien, qui envoie du shampoing doux, c’est finalement celui qui progresse. C’est quelqu’un qui ne recule jamais, il n'avance pas vite mais il ne recule pas. Klaus a une trajectoire parallèle. Doug, c’est une grosse fracture : c’est un gosse qui gueule tout le temps et qui, au contact de la prison, reçoit un choc, c’est l’adolescence, il change de voix…

D’ailleurs, c’est impressionnant, ce changement de voix…

Charles Clément : C’est parce que c’est un bon acteur ! Il y a des tas de bons acteurs en France bordel, il faut le dire ! En tout cas, je suis épaté par mes collègues, je suis comme un gamin.

Comme tu le dis Charles, le public grandit avec la série. Ce sont plutôt des ados ?

Sébastien Lalanne : Plutôt mais pas seulement.

Charles Clément : Tu as des gens de 50 balais qui prennent des photos de toi et qui sont fans ! Et il y a des acteurs plus senior, comme Hubert Saint-Macary et Philippe Noël qui sont géniaux. C’est une évolution, un effet miroir. Et moi, en tant qu'acteur, j’ai énormément appris.

Sébastien Lalanne : Parce qu’on le fait sérieusement. A aucun moment, on a dit : "on va faire cela, on sera sur la photo". L’idée était de le faire "sous peine de mort". En se disant cette histoire là ,c’est ce qu’on veut raconter et pas autre chose. Il y a donc eu des luttes, au départ, avec Comédie! qui ont été de très bon partenaires mais qui voulaient nous emmenér dans tes trucs à gags et on ne voulait pas de cela.

Pas de concessions avec les chaînes donc ?

Sébastien Lalanne : Il y en a eu mais au début, pour se caler, il a fallu lutter. Par exemple, ils ne voulaient pas que ce soit feuilletant, ils voulaient des sketches. Mais on n’a pas lâcher, et Calt le producteur nous a soutenus. Hero Corp est une série bizarre mais ça ne leur rapporte pas d’argent. Mais ils sont encore là pour la 5ème saison.

C’est une série atypique dans le milieu, non ?

Sébastien Lalanne : Non, pas spécialement. On essaie seulement de ne pas faire "comme".

Charles Clément : Exactement, regarde Section de recherche, ils veulent faire "comme les Américains" mais c’est là où ils se plantent.

Sébastien Lalanne : Comme quoi en France, c’est possible. Il suffit de laisser faire les auteurs.

Charles Clément : Gabin disait : "une histoire, une histoire, une histoire".

Sébastien Lalanne : Calt, France 4 laissent faire les auteurs, ils nous poussent. Après il y a des choses qui ne se sont pas faites mais bon. Par exemple, moi je rêvais que la série existe sur plein de support différents, TV, presse, BD, sur le web et que l’on suive tout en même temps et que l’on puisse passer de l’un à l’autre.

Charles Clément : La BD existe !

Sébastien Lalanne : Oui mais on voulait tout faire dès la saison 1. Tu vois, j’aurais voulu que dans la série quelqu’un ouvre un BD et fasse "wow !" et referme et pour savoir ce qu’il a vu, tu dois le lire dans une BD, et qu’il y ait donc des choses en parallèle. Mais c’est ce qui se passe maintenant, la BD raconte des choses qui se passent avant la série. Et tout cela se passe dans la saison 3 d’ailleurs.

La BD est très présente dans la série puisqu’elle sert d’archive aux exploits des super héros.

Sébastien Lalanne : Oui bien sûr. Mais j’aurais voulu aller plus loin, par exemple avoir un accord avec 20 Minutes dans lequel tu aurais vu des articles du genre : "les super héros ont encore fait péter une centrale electrique", que cela puisse rebondir vraiment entre les supports.

C’était donc vraiment une volonté artistique cette BD et pas une opportunité de surfer sur le succès de la série.

Sébastien Lalanne : Oui, complètement et cela permet de faire des choses qu’on ne peut pas faire dans la série. Dans la bd, on peut faire exploser plein de bagnoles à Montréal par exemple, on ne peut pas dans la série, nous n’avons pas les moyens. La bd, c’est "gratos" de faire exploser des voitures.

Et le jeu vidéo ?

Sébastien Lalanne : Ce n’est pas trop ma culture. Mais il y a une application mobile. Je le sais, c’est moi qui l’ai faite. C’est un livre enquête à choix multiples, dans le style des Livres dont vous êtes le héros.

Charles Clément : Un boulot de dingue !

Sébastien Lalanne : J’ai cru devenir fou ! Mais je me souvenais de ces bouquins qui me faisaient chier parce que je me rendais compte qu’à un moment, on revenait toujours au même chapitre quoi qu’il arrive. Moi je ne voulais pas cela. Je suis devenu autiste pendant que je faisais cela : j’ai pris des photos de mes bureaux à l’époque, c’était n’importe quoi. Je voulais vraiment que les gens se perdent dedans et pour cela, il fallait déjà se perdre soi.

Il y a donc des fins multiples ?

Sébastien Lalanne : Des fins multiples et des fins communes.

Donc BD, série, application…

Sébastien Lalanne : Et web-série qui s’occupe d’autre chose, des destins parallèles des personnages.

Les dessins sont très importants aussi dans le générique, les bds…

Sébastien Lalanne : Ah oui alors il faut dire du mal un peu, on va dire du mal d’Olivier Peru.

Charles Clément : Ah oui, il dessine mal celui-là alors ! (rires)

Sébastien Lalanne : Sur la saison 4, il m’a mis plus de cheveux que j’en ai. C’est un grand dessinateur, il a bossé pour Marvel à une époque mais il ne dessine plus, il écrit des bouquins d’heroic fantasy qui sont devenus des références maintenant. Et puis il scénarise une BD qui s’appelle Zombies et qui cartonne.

Hero Corp est une concentration d’artistes incroyables.

Charles Clément : C’est un joli mot, "artiste". Et je souligne encore que participer à ce projet, c’est un choix. Le choix de participer à cette aventure avec des gens magnifiquement beaux, des passionnés. On est là pour une histoire.

Sébastien Lalanne : Je me souviens du chef electro qui avait pas mal bourlingué et qui a vu arriver des petits jeunes. Et au final, il a adhéré complètement. C’était : "vous avez besoin de ça, je vous le fais pas de problème". Il voyage pas mal en bateau et nous a dit : je ne rentre pas pour autre chose que bosser avec vous. Si vous faites un truc, je pose mon bateau quelque part dans le monde, je prends l’avion et j’arrive.

Parmi cette troupe, il y a eu des…

Sébastien Lalanne : Des cons ?

Charles Clément : Noooooon !

Sébastien Lalanne : Non mais il y a eu des gens qui ne sont pas restés parce qu’ils ne se sentaient pas bien. Mais il faut faire attention car cela dépend des moments dans sa vie, parfois les gens ne sont pas bien et cela devient vite : "c’est un gros con".

Il n'y a pas eu de moment de lassitude ?

Charles Clément : Non. Surtout, je parle pour les acteurs, tu es au courant de ce que tu vas faire au dernier moment. Donc c’est une façon de serrer les cale-pieds. Tu te demandes ce qu’il va se passer. Et Simon te dit : "ne t’inquiète pas, joue et tu verras". Donc tu n’es pas sur une lassitude.

Sébastien Lalanne : Moi je veux essayer de dire du mal, donc oui sans doute parfois. Mais en fait, quand on te demande l’excellence, on ne peut pas s’emmerder. Et puis j’ai tellement appris avec Simon ! Mais on ne rit pas du tout sur le tournage.

Pourtant, on voit dans les bonus de DVD que ça rigole pas mal.

Sébastien Lalanne : On se marre parfois mais ça ne rigole pas. On n’a pas le temps en fait. Un fou rire, c’est grave. Cela m’est arrivé sur la saison 1 et j’ai eu une honte cosmique : ça bloque tout le tournage, toute l’équipe attend. Je pleure de rire, c’est l’accumulation de 4 mois de conneries pendant la préparation du tournage qui ressortent.

On fait parfois des réunions à la Hero Corp. Par exemple, on se met 3 mois avant à parler des menus de la cantine et les gens qui ne nous connaissent pas se posent quand même des questions et pensent que ce sera comme cela sur le tournage, mais ce n’est pas du tout le cas.

Charles, tu joues dans la retenue, mais il y a une scène incroyable sur la plage où tu pètes les plombs.

Charles Clément : Oui c’était génial ça, pas évident car il faisait froid, il y avait du vent, et l’alchimie s’est faite. Mais il faut faire attention de ne pas trop attendre cette scène.

Sébastien Lalanne : Et celle d’après est super quand il s’excuse. (rires)

Charles Clément : Et c’est grace à Simon qui te laisse l’excitation jusqu’au dernier moment.

Il y a de la place pour l’improvisation ?

Charles Clément : Ah non ! Regarde des films improvisés : le dernier Lelouch, c’est pathétique. Ils ne sont pas à l’écoute, c’est n’importe quoi. Mais regarde les Oscars aux USA, tu crois que c’est improvisé mais tout est écrit. Les gens qui n’ont pas de cadre, qui se croient sans limite, ça ne marche pas.

Sébastien Lalanne : Cela me rappelle Mike qui est formidable en saison 1. Et dans la saison 2, il arrive à un moment en courant et il glisse, c’est la liberté de l’acteur. C’est de la musique, la comédie c’est musical. C’est comme le jazz, si j’improvise du jazz je me prends une chaise dans la gueule. Les gars qui font de l’impro, c’est ultra bossé.

Moi parfois je ne fais rien dans la scène, je suis là mais je ne fais rien que réagir à ce qu’il se passe dans la scène par rapport à ce qu’est mon personnage.

La mise en scène est aussi très travaillée donc ?

Sébastien Lalanne : C’est aussi en fonction des moyens et du temps. Il faut voir en combien de temps on peut faire un plan, quel cadre on peut avoir, etc.

Charles Clément : Mais la contrainte donne des fulgurances. Il faut la tolérer cette contrainte.

J’ai une anecdote à raconter, tiens, au sujet d'Etienne et de Sébastien qui répétaient une scène de la saison 3 où ils agressent la vieille dame ("tu fais moins ta maline !"). Ils répétaient à l’hôtel et je dormais dans la chambre à côté. Et j’entendais de ma chambre : "tu aimes ça hein, tu aimes ça" et je me dis : OK, c’est un couple qui s’éclate. Au bout d’un moment, j’entends de coups de poings. Je me dis : il est en train de l’esquinter, là… Je sors de ma chambre, je frappe à leur chambre sans vraiment savoir quoi faire et là c’est Seb qui ouvre… Ouf !

Sébastien Lalanne : Oui, on a vu que tu as relâché la pression (rires)

Je faisais un peu de trompette aussi, je répétais Fort Boyard en jouant faux. On rigole bien, c’est sûr.

Sur cette saison 5, il y aura de nouveaux personnages ?

Sébastien Lalanne : Oui forcément, ce n’est pas spoiler que de dire ça. Hero Corp est une série qui avance, elle est confrontée à l’environnement dans lequel elle va, donc il y a forcément des rencontres. Mais je ne suis pas au courant de tout, vraiment. En tout cas, il y aura du live.

Charles Clément : Houlala, c’est le scoop !

Vous retirez quoi de cette aventure ?

Charles Clément : Il y a plein de beaux moments. Quand tu montes dans le minibus après un jour de tournage et que tu es content de ta journée. Et au grand Rex, avec tous ces gens qui sont là, c’est incroyable.

Sébastien Lalanne : Bien sûr ! Ce sont mes potes, ces gens. Je pars en vacances avec eux !

Charles Clément : Oui, quelle aventure ! Quand ces gens là viennent au théâtre voir Roméo et Juliette, ils ne te voient pas tant pour ton rôle dans Roméo et Juliette mais plutôt au travers de Hero Corp. Et puis on est dispo à la fin. On est présents.

Sébastien Lalanne : Et on a fait des matchs d’impro. Les gens sont là et ça joue et ce sont des copains !

Charles Clément : Les gens te suivent et t’encouragent !

Sébastien Lalanne : Un des meilleurs souvenir, c’est ce qu’il se passe samedi (5 septembre). On a dit aux gens que plutôt de faire des dédicaces dans les fn**, on va aller à l’hôpital et donner notre sang. C’est à l’EFS de Saint-Louis : les infirmières ont des capes et des petits masques, et on bat des records de poches de sang. On a des stétoscopes, on fait chier les gens, c’est marrant. On va voir les gens : "t’as mal, tu as raison, ça fait mal", et ils amènent à manger, etc. C’est vraiment super, c’est une fête.

Des projets pour chacun ?

Sébastien Lalanne : Antigang pour l’actualité et puis la saison 5 bientôt et quelques autres choses.

Charles Clément : Je joue dans une série pour France O et en novembre, je vais faire Bois d’ébène de Moussa Touré.

Sébastien Lalanne : Tu vas jouer quel personnage ?

Charles Clément : Un négrier.

Sébastien Lalanne : Encore un gentil !

 

En savoir plus :
Hero Corp sur Ulule
Le site officiel de Hero Corp
Le Facebook de Hero Corp

Crédits photos : Thomy Keat (Toute la série sur Taste of Indie)


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# 20 octobre 2019 : De tout, pour Tous

Encore un programme bien chargé et très éclectique au travers de notre sélection culturelle hebdomadaire. Beaucoup à lire, à voir, à écouter... alors ne perdons pas de temps. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Engine of paradise" de Adam Green
"Phantom solids" de Lunt
"Fear of an acoustic planet" de Tahiti 80
"A wonder plante to" de Nilok 4tet & Daniel Zimmermann
"Six strings under" de Eric Legnini
Sarah McCoy et Dom La Nena au Nancy Jazz Pulsation
"Nothin' but" de Flyin' Saucers Gumbo Special
"Comfort zone" de Hugo Lippi
"Hors l'amour" de Jean Felzine
"A ciel ouvert" de Kaori
Rencontre avec Lady Arlette, accompagnée d'une session live et acoustique
"Vinyles, suite" c'est le titre de l'émission #3 de Listen in Bed
"Déluge" c'est le troisième volume des Mix de Listen in Bed
"Hybrid" de Yosta
et toujours :
"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Orouni en session live dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Cirque Leroux - La Nuit du Cerf" au Théâtre Libre
"Un jardin de silence" à La Scala
"Frida jambe de bois" au Théâtre de l'Union à Limoges
"Fleur de peau" au Théâtre Essaion
"Habiter le temps" au Lavoir Moderne Parisien
"Wilde - Chopin" au Théâtre Le Ranelagh
"En ce temps là l'amour..." au Théâtre des Mathurins
"Imposture posthume" au Centre Culturel Suisse
"Fred Tousch - Fée" au Théâtre de Belleville
"Corinne Zarzavatdjian - Un nom à coucher dehors !" au Mélo d'Amélie
des reprises :
"L'Ingénu" au Théâtre Le Lucernaire
"Le Crépuscule" au Théâtre de l'Epée de Bois
"J'aime Brassens" au Théâtre d'Edgar
et la chronique des spectacles déjà à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Vampires - De Dracula à Buffy" à la Cinémathèque française

Cinéma avec :

le film de la semaine :
"Au bout du monde" de Kiyoshi Kurosawa
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"Cléopâtre" de Alberto Angela
"Histoire du Canada" de Daniel de Montplaisir
"Je te suivrai en Sibérie" de Irène Frain
"La source de l'amour propre" de Toni Morrison
"Ordinary people" de Diana Evans
"Vik" de Ragnar Jonasson
et toujours :
"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Guerilla, le temps des barbares" de Laurent Obertone
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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© froggy's delight 2008
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