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puce Jean Echenoz - roman, rotor, stator
Centre Pompidou  (Paris)  Du 29 novembre 2017 au 5 mars 2018

Exposition élaborée par la Bibliothèque Publique d'Information du Centre Pompidou avec le concours de Gérard Berthomieu, spécialiste de langue et littérature françaises contemporaines (Université de Paris IV Sorbonne) et en partenariat avec la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet et les Editions de Minuit.

En général, les expositions consacrées aux écrivains ne sont pas les plus passionnantes, car, à part les manuscrits et les photos de famille, revient la lancinante question : "quoi montrer d'autre ?"

Heureusement, l'écrivain moderne vit pour rassembler de quoi raconter pour se raconter. Il est à la fois un archiviste, un collectionneur et un enregistreur friand des moyens modernes de communication (photographie, cinéma, vidéo)

Ce n'est donc pas un hasard si la Bibliothèque Publique d'Information a décidé de s'intéresser à Jean Echenoz après s'être précédemment penché sur l'oeuvre de Claude Simon et de Marguerite Duras, les trois écrivains étant tous les trois publiés par les Éditions de Minuit.

Auteur de "petits récits" post-nouveau roman, Jean Echenoz est un auteur multi-récompensé par des prix littéraires (Médicis et Goncourt). Ses 17 romans ont trouvé leur public.

Mais il reste assez clivant entre ceux qui trouvent son écriture originale et importante, et ceux qui, au contraire, lui dénient un quelconque intérêt. En effet, des "romans" récents, comme "Ravel" ou "Courir" sont écrits d'une écriture sèche et froide et valent pour un contenu informatif digne d'un "Que sais-je".

En concevant l'exposition, Isabelle Bastian-Dupleix et Emmanuelle Payen, avec le concours de Gérard Berthomieu, ont cherché à être didactique (pour justement montrer à tous l'importance d'Echenoz) et ludique (pour convaincre que sa démarche est ancrée dans la modernité).

Elle se sont ainsi refusées à la chronologie et ont préféré une exposition "circulaire" sous titrée "roman, rotor, stator" car dans l'oeuvre d'Echenoz, les personnages reviennent souvent à leur point de départ après avoir vécu de nombreuses péripéties.

Elles ont appuyé leurs propos à l'aide de tous les documents qui servent à l'écrivain à la préparation de ses romans, telles les cartes postales.

On pourra également voir des extraits de films qui ont inspiré certaines œuvres, comme les films noirs (genre "En quatrième vitesse" de Robert Aldrich) qui ont servi à nourrir l'imaginaire de l'auteur des "Grandes Blondes".

Dans les cahiers de l'auteur, on découvrira tout ce qu'il recopie, note pour construire ses fictions. On s'apercevra que pour Echenoz, chaque roman nécessite une somme insensée de documentation et tout un travail personnel pour l'assimiler afin de s'en plus ou moins servir.

Ecrivain, Echenoz s'avère un technicien de la littérature qui construit les rouages nécessaires à l'élaboration de sa prose et les met en marche de manière quasi scientifique pour arriver a la version ultime du texte.

Le roman est ici pesé et pensé. Après avoir visité cette expo, jamais ennuyeuse,on pourra continuer arbitrairement, subjectivement, à dénier tout intérêt aux livres de Jean Echenoz ; en revanche, on ne pourra plus, de bonne foi, considérer son œuvre comme anecdotique.

Echenoz respire la littérature par tous les pores de sa peau et son esprit, nourri aux autres arts (particulièrement la peinture et le cinéma), lui donne de quoi alimenter sa machinerie intérieure, au service d'une littérature plus généreuse qu'il n'y paraît.

 

En savoir plus :

Le site officiel du Centre Pompidou


Philippe Person         
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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